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Casque bleu

/ réalisé par Chris Marker. - Production : C. Marker, 1995. - Vidéo numérisée, couleur et noir et blanc, 26 min.

En 1995, Chris Marker a rencontré François Crémieux, appelé volontaire dans les Casques bleus, resté six mois en 1994 dans l'enclave de Bihac en ex-Yougoslavie. Face à la caméra, en gros plan, le jeune homme témoigne de sa présence là-bas et livre une réflexion d'une clairvoyance et d'une honnêteté remarquables sur ce qu'il a vécu. Parti pour faire de l'escorte de convois humanitaires, François Crémieux et les autres engagés de l'armée française se sont bornés à faire des patrouilles, de l'observation sur le front, à protéger les bases et les convois de l'ONU. Analysant les limites de l'action de l'ONU, il a le sentiment d'avoir floué des gens qu'il n'a pas pu protéger alors que c'était sa mission. Parlant très vite comme s'il avait peur qu'on ne l'écoute pas, il évoque tout d'abord les raisons pour lesquelles il est parti, puis ses désillusions : ses premières images de la guerre, la préparation caricaturale qu'il a subie de la part des officiers avant de partir, la neutralité affichée du début, puis le vocabulaire employé par les officiers, les sous-officiers, puis les soldats eux-mêmes, par mimétisme, («Bousniouks», mélange de Bougnoules et Bosniaques, pour désigner les musulmans), la fascination des officiers pour les Serbes, «une armée de professionnels». A force de reculs humiliants, de mensonges faits aux Bosniaques qu'ils ne peuvent protéger, les Casques bleus se sont retrouvés de fait du côté des plus forts, les Serbes. Quelques photos illustrent ce témoignage.