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Fil d'ariane

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Hospital

/ réalisé par Frederick Wiseman. - Production : Zipporah Films, 1970. - Vidéo numérisée, noir et blanc, 1 h 24 min.
Sous-titré en français

« Hospital » constitue un diptyque avec « Welfare » réalisé cinq ans plus tard. Le Welfare Center gère la misère sociale des chômeurs, des mères abandonnées, des nécessiteux et des malades. Le film est fait d'attentes et de longues et patientes négociations d'individus avec l'assistance publique pour faire reconnaître leurs droits, pour le calcul du coût minimum de la reproduction de leur force de travail. On retrouve la même population de misérables dans « Hospital », le même mal non plus sous l'angle social, mais sous l'angle médical, à travers leurs corps malades : cardiaques, diabétiques, cancéreux, alcooliques, drogués, suicidés, accidentés et égorgés, qu'on débarque là parce que, cette fois, c'est leur vie même, non plus seulement leur situation sociale, qui est en danger. La preuve de leur mal n'est plus à faire, à chercher dehors, ils la portent en eux et l'institution opère à même les corps : l'opération chirurgicale qui ouvre le film nous met tout de suite dans le vif du sujet. La bienveillance générale du personnel soignant envers les patients est exempte de toute démonstration de tendresse, le savoir technique s'y oppose. Autant le médecin encourage les aveux de l'homme angoissé par l'hypothèse d'un cancer, autant ses collègues ont vite dissuadé une infirmière d'adopter un enfant noir accidenté. Le rapport au patient est un rapport exclusif à la maladie. La fille qui tient la main de sa mère pendant un massage cardiaque n'intervient pas et sa présence est tout autre que celle des mains et outils qui s'affairent devant elle et se confondent dans une même finalité mécanique. Cette manipulation glacée des corps est imposée par la masse de travail, d'actes et d'examens à faire, le défilé continu des urgences, le va-et-vient incessant des malades et du personnel qui ne tolère aucun repos, aucune pause. L'hôpital n'est rien d'autre qu'une usine à rétablir et raccommoder les corps. Bien plus que la répétition des situations, ce qui déshumanise l'ordre d'une institution comme l'hôpital, c'est que complètement refermée sur sa mission, elle l'accomplit dans une coupure totale d'avec le monde extérieur, dans une ignorance complète de celui-ci qui, sitôt franchi son enceinte, a complètement cessé d'exister. Par rapport au délire médical de l'institution hôpital, la parole subjective, imprécise, errante du patient apparaît systématiquement comme une parole d'idiot au sens propre du terme.

Hospital